Le chemin des âmes

avec Michèle Bouhet, J-C Botton, J-L Compagnon, mis en scène par J-L Cousseau. 

Le chemin des âmes (Three-day road)

Adapté du roman de Joseph Boyden (Albin Michel)

L'auteur

Canadien aux racines indiennes, écossaises et irlandaises, Joseph Boyden a créé l'événement dans les pays anglo-saxons avec son premier roman. Salué par Jim Harrison, Le chemin des âmes a été traduit en 15 langues et est devenu le premier ouvrage officiellement disponible en langue cree, dont la nation compte encore 200 000 membres.

Le roman

Le Chemin des âmes évoque un chapitre méconnu de l’histoire de la Première Guerre mondiale : la participation de plusieurs milliers de soldats amérindiens, engagés volontaires dans l’armée canadienne.

Entrelaçant le récit épique et la narration intimiste, Boyden relate l’histoire de deux jeunes Amérindiens, compagnons inséparables, Xavier et Elijah, qui quittent les forêts majestueuses et sauvages de l’Ontario pour aller se battre contre les Allemands dans les champs de bataille du Nord de la France. Il n’est pas seulement question de faits d’armes, mais surtout de la répercussion sur ceux qui restent en vie, de toutes ces morts autour d’eux et du respect des indiens Cree pour les morts et leur croyance dans un au-delà paisible.

Nous sommes en 1919, la Grande Guerre est terminée mais pas son cortège de douleurs et de sang. Elle a laissé des traces plus profondes que les tranchées où se terraient les soldats, plus profondes que les cratères des obus, plus profondes que les sillons de l'enfer. Niska, une vieille indienne qui a conservé le mode de vie traditionnel des indiens Cree, femme-médecine, attend le retour de son neveu.

Xavier revient au pays avec son lourd fardeau et une envie de mourir qui inquiète Niska. Au cours des trois jours du voyage de retour vers les immenses forêts silencieuses de l'Ontario, Niska va maintenir la minuscule flamme de la vie dans l'âme de Xavier. Trois jours de voyage en canoë, trois jours d'angoisse, trois jours de récits des champs de bataille, trois jours de récits des jours anciens et heureux … Après avoir cherché la « médecine » qui pourrait guérir son neveu, Niska prend peu à peu conscience que seule la parole peut le ramener à la vie.

« Un premier roman d'une force romanesque étonnante et superbe, emportant tour à tour le lecteur au coeur des forêts enneigées et silencieuses, sanctuaires des traditions millénaires de la sagesse amérindienne et au milieu des hurlements et des déchaînements d'une guerre impitoyable et sanglante. Dès que le lecteur plonge dans le roman, il est aussitôt happé par la puissance du récit et l'extraordinaire vie des personnages. »

« Salué unanimement par la critique, Le Chemin des âmes est un roman brillant et bouleversant. Ce récit haletant recèle aussi une réflexion perspicace sur l’avenir de l’humanité. Magistral! »

 « Un roman lumineux et sombre à la fois. Il vous fera peut-être souffrir, mais ça en vaut véritablement la peine. Irrésistible » Jim Harrison


Projet de spectacle

« C’est tout d’abord un projet très personnel : Mes deux grands-pères ont « fait 14-18 », l’un sur le sol français et l’autre vers le Détroit des Dardanelles. Quand j’étais enfant, les Dardanelles m’impressionnaient terriblement … impossible pour moi de situer, de saisir, de comprendre.

Et comme de nombreux combattants, ils n’ont jamais rien dit de cette guerre. Alors, me confronter aujourd’hui à l’adaptation de ce roman, c’est une façon de partager un instant ce qu’ils ont vécu, de leur rendre hommage, ainsi qu’à tous ceux qui ont participé à cette dramatique aventure, et surtout de rendre hommage à tous les étrangers qui sont venus se battre aux côtés de mes deux grands-pères !

Et parmi ces étrangers, des indiens ! Et c’est l’autre aspect du roman qui m’a touché et passionné : la guerre est vue à travers le regard de ces indiens crees qui ont vécu et subi l’acculturation de leur peuple. Et malgré cela, Niska, vieille indienne, femme-médecine, gardienne des traditions du peuple cree, lutte jusqu’au bout avec la force de ses mots pour sauver son neveu et bien au-delà. » Jean-Claude Botton

Plus concrètement :

Il s’agit de faire entendre ce récit de guerre avec les voix de la conteuse et du conteur et les musiques qui viennent à la fois donner de la profondeur et de la gravité aux mots et parfois aussi une respiration nécessaire pour le public.

Pour le centenaire de celle qui devait être « la der des ders », le projet est aussi de dire une fois de plus, aujourd’hui au XXIème siècle : « Plus jamais une telle barbarie ! » ou comme le disent toujours quelques monuments aux morts français : « Que maudite soit la guerre ! »

Sur scène : 

Un espace dépouillé, une présence musicale sobre et profonde, trois artistes sur scène pour servir au mieux les mots de l’auteur et la force des histoires qui se croisent ici :

-            celle du peuple cree marqué par la tutelle imposée,

-            celle de deux jeunes hommes bousculés et meurtris par la première guerre mondiale

-            et celle de Niska cherchant le remède pour guérir son neveu d’une maladie qu’elle ne connaît pas.

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